MONTRÉAL - Les partisans du Canadien auront été tenus en haleine jusqu'à la fin du match, jeudi soir; dans les bars en périphérie du Centre Bell, ils auront eu le souffle court et le regard rivé sur les écrans géants jusqu'à la toute fin, encourageant avec frénésie leur équipe favorite.

Si les gens bavardaient pendant la première période, peu se risquaient à lâcher des yeux les écrans géants dans le Bier Markt pendant la période de prolongation.

"Une période de prolongation, ça n'augmente pas le plaisir, ça augmente l'angoisse!", a lancé Francis Dumais, qui regardait le match numéro 5 pour la première fois au Bier Markt, un resto-bar, à moins de cinq minutes de la patinoire officielle.

Partisan incontesté du Canadien compilant avec passion et assiduité les statistiques, l'homme de 30 ans se dit "plus dans le match, malgré la table qui prend en faveur des Rangers juste en arrière", lorsqu'il s'aventure dans les bars avoisinants pendant les parties de hockey.

Aucun doute, l'ambiance du Bier Markt reflète la fébrilité des partisans qui, du même souffle, acclament les meilleurs coups de leurs favoris et dénoncent amèrement les lourdes mises en échec des Rangers.

Celle infligée à Radulov en deuxième période a suscité la grogne, même que la tension a semblé monter d'un cran à partir de ce moment. Or, dès que la lumière derrière le filet de Carey Price s'est allumée, ils ont été nombreux à quitter le bar, la mine basse.

Les soirs de matchs, les bars près du Centre Bell affichent presque tous complet, comme le Pub Mcleans, sur la rue Peel.

Selon le gérant, Stuart Ashton, le bar enregistre des ventes jusqu'à 25 pour cent plus grandes lors des matchs de séries éliminatoires.

"Les gens viennent surtout avant le début de la rencontre et profitent de l'ambiance pour commencer leurs festivités", a-t-il expliqué, visiblement ravi de l'engouement de ses clients pour le hockey.

Toutes sortes de façons de festoyer

Dean Kalaidjian affirme être le partisan par excellence du Canadien. Celui qui a volé la vedette au rassemblement d'avant-match organisé au centre-ville de Montréal trimbale avec lui deux écureuils en peluche, Patch (pour Pacioretty) et Gallagher qu'il tente de faire câliner par les joueurs de l'équipe avant les matchs.

"J'ai décidé de nommer le deuxième `'Gallagher" pour le joueur, qui, comme les écureuils, est partout sur la glace", a lancé l'administrateur de la page Facebook "Ecureuil Gallagher & Tuque de bison", une page entièrement dédiée à ses peluches. Depuis 2012, M. Kalaidjian tente presque à chaque rencontre de faire câliner par des joueurs de l'équipe et immortaliser le moment sur des photos qu'il publie ensuite sur les réseaux sociaux.

Et le rituel porte ses fruits, assure l'amateur de la Sainte-Flanelle qui arborait jeudi son chandail du Canadien et sa tuque de bison porte-bonheur.

"Chaque fois que Carey Price les flatte, il fait un blanchissage", a confié M. Kalaidjian, en riant. Dommage pour le Tricolore, Patch et Gallagher n'ont pas touché à des joueurs de la formation pour ce cinquième match des séries éliminatoires contre les Rangers de New York. L'homme anticipe tout de même une victoire de son équipe fétiche.

La fièvre des séries par-dessus la tête

Présents aussi au rassemblement d'avant-match près du Centre Bell, les barbiers du salon montréalais "Notorious Barbershop" s'attardaient quant à eux à raser les cheveux de plusieurs partisans désireux d'avoir le logo du Canadien ou le numéro de leur joueur favori sur le derrière de leur tête.

"J'ai dû raser les cheveux d'une trentaine de personnes en deux `'Fan Jams"" a calculé un des deux barbiers, alors qu'il traçait un 6, le numéro de Shea Weber, sur le côté de la tête d'un de ses clients.

Le "Fan Jam", ce rassemblement de partisans fébriles est une formule courante lors des matchs en séries éliminatoires à domicile au Centre Bell. Cette année, une roue illuminée, des kiosques de maquillage et de tatouage ont été aménagés sur place.

(La Presse canadienne)