La vedette déchue du Web Carlos Desjardins prend le chemin du pénitencier, après s'être donné en spectacle au palais de justice de Québec.
Il a reconnu sa culpabilité à 15 des 30 chefs d'accusation de nature sexuelle portés contre lui.
Des infractions, de production de pornographie juvénile, agression sexuelle, leurre, extorsion, voies de fait et publication de photos sans consentement, commises à Québec, Lévis, Gatineau, Trois-Rivières et Blainville.
Ses 16 victimes, dont plusieurs étaient présentes en salle d'audience, étaient âgées de 14 à 18 ans.
Il écope d'une peine de 4 ans et demi de pénitencier, dont 28 mois toujours à purger.
Celui, qui est suivi par des milliers de jeunes sur les réseaux sociaux, ne pourra pas utiliser Facebook, Instagram et SnapChat pour au moins les cinq prochaines années.
Fait inusité, alors qu'il était en incarcéré, il a publié sur SnapChat la suggestion commune proposée par les procureurs.
Son modus operandi était de prendre contact avec les adolescentes sur Facebook ou Instagram avant de leur demander des photos sexy via SnapChat.
Devant leur refus ou après avoir reçu des photos, il les menaçait de salir leur réputation sur les réseaux sociaux si elles ne lui envoyaient pas de photos nues.
Lors de party, il filmait des adolescentes et partageait les vidéos sur SnapChat.
L'un des dossiers pour lequel il a reconnu sa culpabilité a été transféré de Trois-Rivières où lors d'une soirée arrosée il a filmé et publié la vidéo d'une relation sexuelle sans le consentement de la jeune femme impliquée.
La dénonciation d'une jeune adolescente via Instagram en septembre 2018 aura incité d'autres adolescentes à porter plainte contre celui que certaines considéraient comme une «vedette du Web».
Vedette un jour, vedette toujours...
Lors du prononcé de la peine, Carlos Desjardins a tenu à lire une lettre d'excuses. Une lecture faite à la façon d'un slam, lors duquel il a lancé un «tu comprends» au juge Hubert Couture, qui semblait peu épaté par ses talents d'orateur.
Il a dit avoir cheminé entre les murs de sa cellule, et être conscient des torts causés à ses nombreuses victimes vivant aujourd'hui avec une «faible estime».
« Je vivais dans un mode irréel, sans conséquence... »
Avant de quitter la salle, il s'est retourné et a salué l'assistance en portant deux doigts à son front. Une salutation faite à une audience principalement constituée d'avocats, d'enquêteurs, de journalistes et de ses victimes.
L'ex-influenceur a présenté des gestes de colère à la vue de représentants des médias. Il a notamment grogné contre celui qui écrit ces lignes et donné un coup de tête dans une vitre d'un ascenseur à la vue de caméramans.
« Il faut parler des victimes... »
Avant d'entériner la suggestion commune des avocats, le juge Couture a tenu à s'adresser à l'assistance.
« Vous savez, il n'y a aucune peine qui va enlever les douleurs et les préjudices causés par l'accusé. [...] Il faut parler des victimes, ce n'est pas seulement dire que monsieur est condamné. Il faut aussi parler de ce que les victimes peuvent ressentir. »
Le magistrat a longuement insisté sur les «points communs» des victimes de crimes à caractère sexuel, et fait une longue énumération. Anxiété, perte de confiance, insécurité, sentiment d'être «sale», crise de panique, cauchemars sont autant de conséquences de ces crimes.
Il a dit espérer que la condamnation de Desjardins puisse leur permettre d'avoir une «vie normale».