L'auteur de l'attaque au sabre qui a fait 2 morts et 5 blessés dans le Vieux-Québec admet qu'il était angoissé au point d'en perdre l'appétit avant de passer à l'acte le soir de l'Halloween 2020. Sa capacité à distinguer le bien du mal est au centre de son procès.
Carl Girouard, qui a été contre-interrogé durant plus de 3 heures à son procès, est revenu à plusieurs reprises sur la lutte entre ses deux personnalités durant les 6 à 7 ans où il réflichissait à l'attaque.
Le bon Carl Girouard a fait demi-tour une première fois devant le Château Frontenac, mais l'autre, celui qui avait la mission de tuer, aurait eu le dessus dans l'objectif de lancer un signal à ses alter ego.
Une fois arrivé à Québec, il se sentait si angoissé qu'il a été incapable d'avaler une seule bouchée de la nourriture qu'il avait pris la peine de se procurer en se dirigeant vers la capitale.
Il a conduit pendant au moins une heure dans le quartier historique avant de finalement stationner son véhicule pour de bon.
« Je ne peut pas m'imaginer faire quelque chose comme ça. »
La poursuite a soulevé plusieurs contradictions qui ont semblé agacer le tueur. Ce dernier s'est souvent réfugié derrière la même réponse, soit que c'était difficile de se remettre dans la tête du Carl Girouard au moment des tragiques événements.
Le tueur a indiqué qu'à l'époque, il était capable d'agir normalement au travail ou encore lorsqu'il passait du temps avec sa famille. L'autre Carl, celui de la mission, n'était toutefois jamais bien loin, notamment quand est venu le temps d'acheter un sabre sur internet.
« Il y avait des moments où je me sentais comme le vrai Carl, d'autres comme le Carl de la mission. Je ne peux pas être le Carl de la mission au travail. Il fallait que ce soit top secret. »
L'avocat de la poursuite, Me François Godin a aussi constaté que ce dernier portait un couvre-visage lorsqu'il a attaqué des passants au hasard, comme tout le monde le faisait en temps de pandémie, ce qui était tout le contraire des valeurs anti-conformistes de sa « mission » visant à changer le monde en tuant.
Girouard a traîné des bidons d'essence pendant trois ans dans le coffre de sa voiture dans le but d'incendier la maison de sa famille et de tuer ses proches, toujours dans le contexte de la mission du mauvais Carl. Il a toutefois abandonné l'idée, tout comme celle de mourir sous les balles de policiers au terme de son carnage.
Les données extraites du téléphone intelligent de Girouard montrent aussi qu'il a fait des recherches sur les nouvelles de dernières heures à Québec, une heure avant de commettre l'irréparable.
Rappelons que l'accusé de 26 ans plaide la non-responsabilité pour cause de troubles mentaux.
Les prochains jours du procès permettront au jury d'entendre des experts psychiatres.
Celui de la défense, le Dr Gilles Chamberland, commencera son témoignage vendredi.