Le coup d'envoi de la collecte des restants de table est donné à Québec. Les résidents de la Haute-Saint-Charles seront les premiers à recevoir dans les prochains jours les sacs mauves destinés à l'usine de biométhanisation.
Après presque 15 ans de travail et 210 million de dollars d'investissements, la collecte des résidus alimentaires se met en marche progressivement dans l'agglomération de Québec en commençant par la Haute-Saint-Charles. Un nouvel arrondissement se greffera au système à chaque mois jusqu'en avril 2023.
Source: Ville de Québec
Dans sa réflexion, la Ville de Québec a décidé de tourner le dos aux traditionnels bacs bruns de compost pour plutôt opter pour la biométhanisation, un procédé qui transforme les résidus alimentaires en gaz naturel renouvelable qui, lui, pourra être revendu.
L'entente de 20 ans avec Énergir est d'ailleurs évaluée à 100 millions de dollars, à condition que le gaz réponde aux standards de qualité.
Les citoyens pourront ainsi mettre « tout ce qui se mange ou tout ce qui fait partie de quelque chose qui se mange » dans les sacs mauves de 13 litres qu'ils devront ensuite déposer dans leur bac à ordures. Les sacs seront fournis gratuitement par la ville.
Même s'il s'agit de la solution choisie par l'ancienne administration Labeaume, le maire Bruno Marchand assure qu'il prendrait la même décision puisque la biométhanisation ne nécessite pas l'ajout d'une nouvelle collecte ce qui réduit la production de GES.
Il mentionne aussi le contexte de pénurie de main-d'oeuvre dans la liste des avantages.
« De ne pas rajouter une nouvelle collecte avec un bac brun, c'est 50 voyages de camions par jour et 13 000 voyages par années. À l'heure où chaque geste compte pour faire face aux changements et prendre soin de notre planète, je pense que chaque citoyen a maintenant tous les leviers pour diminuer ce qu'on envoie dans nos incinérateurs. »
La ville distribuera 96 sacs mauves par ménage par année tout à fait gratuitement. D'autres seront disponibles pour les familles plus nombreuses à des points de distribution.
Elle estime que le coût d'exploitation annuel, incluant les sacs, sera inférieur à 6,7 millons de dollars.
Une fois à plein régime, l'usine située près de la Baie de Beauport va aussi produire 73 000 tonnes de digestat, un engrais naturel qui servira à fertiliser les sols agricoles et 10,2 millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable.
De l'écoblanchiment dénonce Transition Québec
La conseillère de Transition Québec Jackie Smith aurait préféré que la ville opte pour la solution du compostage. Elle dénonce une formule qui encourage la marchandisation des déchets.
La représentante de Limoilou énumère aussi l'utilisation des sacs de plastique non-recyclables et un digestat que « personne ne veut » parmi les désavantage de la biométhanisation qu'elle qualifie de « projet d'écoblanchiment » coûteux.