L'achat d'une voiture, autrefois un moment enthousiasmant, est devenu un véritable choc financier pour de nombreux ménages nord-américains. Aujourd’hui, le prix moyen d’un véhicule d’occasion équivaut presque à celui d’une voiture neuve en 2018.
Selon Autotrader.ca, le prix moyen d’un véhicule neuf s'élevait à 63 264 $au troisième trimestre de l’an dernier, contre 36 911 $ pour un véhicule d’occasion. À titre de comparaison, Birchwood Credit estime qu’en septembre 2018, un véhicule neuf se vendait environ 36 100 $ et un usagé autour de 19 400 $.
Tarifs, inflation et fin de l’ère du « libre-échange facile »
Pour Iacob Koch-Weser, du Boston Consulting Group, la hausse des coûts des matières premières, l’inflation généralisée et, surtout, le retour des tarifs douaniers expliquent une grande partie de cette flambée.
Après la pandémie, les États-Unis ont imposé des tarifs sur l’acier et l’aluminium, ainsi qu’une taxe générale de 35 % sur les produits non conformes à l’ACEUM (CUSMA). Plusieurs entreprises canadiennes ont dû adapter leurs chaînes d’approvisionnement pour respecter des exigences de contenu local beaucoup plus strictes, ce qui a considérablement alourdi la facture.
La pénurie de semi-conducteurs : l’effet domino
Daniel Ross, de Canadian Black Book, rappelle que la pandémie a provoqué un arrêt brutal des chaînes d’approvisionnement en 2020. Les semi-conducteurs ont alors été détournés vers l’électronique grand public, créant une rareté historique de véhicules neufs. Résultat : une demande refoulée sur plusieurs années a poussé les prix vers le haut. Même si la situation est aujourd’hui largement stabilisée, l’impact se fait encore sentir.
Le marché de l’usagé encore plus touché
L’effet est encore plus brutal du côté de l’occasion. Autrefois, on trouvait facilement un véhicule de quatre ans pour moins de 20 000 $. Aujourd’hui, il faut compter entre 30 000 $et 35 000 $ pour le même type de produit.
Plus gros, plus technos… et plus chers
Pour Dave Power, de KPMG Canada, les véhicules modernes coûtent aussi plus cher parce qu’ils sont plus volumineux, plus lourds et dotés de technologies complexes. Pour suivre la cadence, de nombreux consommateurs étirent leurs contrats de financement jusqu’à huit ans, ce qui augmente dangereusement leur niveau d’endettement.
Vers un léger répit en 2026 ?
Daniel Ross croit que le ralentissement des ventes amorcé en 2025 pourrait entraîner une légère baisse des prix en 2026, surtout pour les véhicules d'occasion. Toutefois, tout dépendra des négociations commerciales nord-américaines prévues au cours de cette même année.
Contenu original de auto123.