La Banque de Montréal (BMO) croit avoir été victime d'un stratagème de fraude et de corruption impliquant l'un de ses propres employés et un entrepreneur en automobile de Québec. L'institution financière ferait face à un manque à gagner de près de 15 millions $.
Selon des documents juridiques consultés par Cogeco Média, l'affaire repose sur des inventaires fictifs de voitures et des pots-de-vin totalisant des centaines de milliers de dollars. À l’heure actuelle, aucune accusation n’a été déposée dans ce dossier.
Écoutez Philippe Couture donner tous les détails de cette histoire, dans l'extrait de Bouchard en parle ci-dessus.
De l'argent contre du crédit
Au cœur de l'affaire, la BMO soupçonne un ancien directeur de compte d'avoir accepté des pots-de-vin de la part de l'entrepreneur. Ces sommes auraient été remises de façon clandestine, c’est-à-dire dans le cabanon de l’employé.
Des chèques et de l'argent comptant — parfois des centaines de milliers de dollars — auraient été remis dans des enveloppes. En échange, l'employé de la banque aurait autorisé l'accès à du crédit sur des véhicules qui n'existaient tout simplement pas.
Pour sa part, l'entrepreneur dans le domaine de l'automobile indique plutôt à Cogeco Média avoir été victime d'extorsion de la part de l'employé.
Au total, le stratagème aurait fait disparaître 14 442 785 $ des coffres de la Banque de Montréal.
Des « voitures fantômes » et de faux documents
Les documents juridiques consultés par Cogeco Média indiquent que plusieurs éléments ajoutent aux soupçons de la BMO.
Au fil de ses recherches, l'institution financière se serait aperçue que les véhicules pour lesquelle elle avait octroyé des prêts étaient inexistants. Aucun des véhicules déclarés par l'entrepreneur ne se trouvait chez les concessionnaires où ils étaient censés être entreposés.
Les contrats d'achat fournis à la banque étaient aussi truffés de signatures contrefaites et de numéros d'identification de véhicules (NIV) falsifiés.
Finalement, l'entreprise automobile aurait même produit de faux états financiers en utilisant illégalement l'en-tête d'une firme comptable réputée pour rassurer la banque.
«Manger des sandwichs en prison»
Les documents révèlent que les deux complices présumés étaient conscients de la gravité de leurs gestes. Dans des échanges de messages datant de janvier 2025, l'entrepreneur avouait même sa crainte de finir derrière les barreaux, affirmant redouter de devoir «manger des sandwichs en prison».
«En raison de nos obligations de confidentialité, nous ne pouvons commenter ni partager d'informations concernant un client ou nos anciens employés. Tous nos employés sont tenus de respecter les normes rigoureuses établies dans notre Code de conduite. Aucune violation de ces normes n’est tolérée», a affirmé un porte-parole de l’employé.
Selon nos informations, l’employé de la BMO n’est plus à l'emploi de l’institution financière.