Comment ne pas envier Toronto?

Comment ne pas envier Toronto?

Le Globe and Mail nous informait la semaine dernière que Rogers réfléchissait à la possible démolition du Rogers Center dans le but de construire un tout nouveau stade pour les Blue Jays. Un important projet immobilier serait aussi au cœur du projet.

Un porte-parole chez Rogers a toutefois indiqué, depuis les révélations du Glode, que l’idée avait été mise sur la glace à cause de la pandémie.

Reste que Rogers réfléchissait sérieusement à cette option. Pourtant le Rogers Center n’a que 31 ans d’existence et il a souvent été mis au goût du jour. On n’a qu’à visiter le stade des Jays pour se rendre compte qu’il n’a rien d’un stade désuet.

Depuis l’acquisition du stade, Rogers a toujours été proactif dans le maintien et l’entretien de l’édifice. On n’attend pas de voir des parties du stade s’écrouler ou dépérir avant de les mettre à jour. À Montréal, il ne serait jamais question de remplacer un stade en aussi bonnes conditions.

Mais à Toronto on regarde vers l’avant. Et la réalité c’est que le Rogers Center s’avère un des derniers stades « style caverne » de la MLB. C’est d’ailleurs le dernier stade de ce type à avoir été construit. La tendance s’en va vers des parcs de baseball et non des stades, et surtout de plus petite capacité.

Pendant ce temps au Québec...

Lorsqu’on revient en arrière, à Montréal, le stade dépérissait, on était vraiment dû pour un nouvel édifice. Mais jamais on n’a été en mesure de faire aboutir le projet. Pendant ce temps, l’équipe jouait dans un stade qui n’était tellement plus adéquat que le club a finalement dû déménager.

Pourquoi Rogers est capable de se projeter dans l’avenir et déjà savoir qu’éventuellement ce stade ne sera plus adéquat? Et plutôt que d’attendre ce moment, vaut mieux commencer à y réfléchir immédiatement.

On parle d’un projet qui devrait prendre entre cinq à huit ans. Il faut donc prévoir d’avance le coup. Clairement, Rogers n’a pas l’intention d’être rendu au bord du précipice avant de bouger.

Dire qu’à Montréal, non seulement les hommes en place à l’époque n’ont pas eu la même vision, mais ont aussi laissé les Expos et le Canadien passer dans des mains étrangères.

Personne ici au Québec ne voulait des Expos ou du Canadien. Dire que Jeffrey Loria a acheté les Expos pour 50 M$ il y a 20 ans. Si une entreprise québécoise avait acheté le club pour le même montant et versé les 200 M$ nécessaires à l’époque pour la construction du stade au centre-ville, ce club vaudrait probablement près d’un milliard de dollars aujourd’hui. Rogers a acheté les Blue Jays et le Rogers Center pour 175 M$, le club en vaut aujourd'hui 10 fois cela.

Les Marlins sont aujourd’hui le club de la MLB qui vaut le moins d’argent, c’est-à-dire 1 milliard de dollars.

Dire que George Gillett a acheté le Centre Bell et le Canadien pour 275 M$, alors que seulement la construction de l’édifice avait coûté 230 M$ quelques années plus tôt. Il a ensuite revendu le tout à la famille Molson pour plus que le double à 500 M$.

Comment se fait-il que nous ne soyons pas en mesure ici de regarder vers l’avenir et flairer ce type d'opportunité? Comment se fait-il que nous soyons toujours craintifs d’investir pour l’avenir alors que l’histoire nous indique sans équivoque que la croissance  est presque toujours assurée? Un phénomène difficile à comprendre.

Une chose est certaine, nos voisins de l’Ontario n’ont pas les mêmes réticences, et en sont souvent bien récompensés.

Fabi la nuit
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