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Grand Prix de France | Un parfum de 2017

Grand Prix de France | Un parfum de 2017

Verstappen, Hamilton, Pérez : ceux et celles qui ont vu dans le podium du Grand Prix de France ce qui pourrait bien être le classement final au terme de la saison ont probablement visé dans le mille. Évidemment, nous ne sommes qu’au tiers du calendrier et il peut encore se passer bien des choses, mais il semble déjà acquis que ces trois pilotes formeront le trio de tête de la saison 2021.

La seule variable est l’ordre des deux premiers : soit Verstappen sera sacré champion du monde pour la première fois, soit Hamilton deviendra le nouveau recordman de la Formule 1 avec une huitième couronne.

J’entends déjà les détracteurs de Hamilton et/ou de Mercedes exprimer haut et fort leur satisfaction : « enfin les Mercedes ne sont plus seules ! » C’est à se demander où ils étaient en 2017 et en 2018, alors que Ferrari chauffait l’écurie allemande. Ce savant mélange d’amnésie et de mauvaise foi leur fait oublier que Sebastian Vettel était le meneur au classement général à la mi-saison, avant le congé estival. En 2017 et en 2018.

Que Red Bull soit capable de botter le derrière de Mercedes est assurément une bonne chose pour les fans. Cependant, il ne faudrait pas croire qu’ils sont les premiers à y être parvenus. En 2017 comme en 2018, ce n’est pas Mercedes qui a gagné, mais Ferrari qui a perdu; la nuance est importante. La Scuderia a développé, depuis une douzaine d’années, une expertise inégalée pour se battre elle-même. Vettel y a aussi mis du sien, de sorte que les Rouges étaient imbattables pour se tirer dans le pied.

Ce petit rappel est important parce qu’à écouter certains gérants d’estrade, Mercedes n’a pas d’opposition depuis 2014, soit depuis le début de l’ère hybride en F1. Ce n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux : il y a effectivement eu des saisons pendant lesquelles les monoplaces allemandes étaient intouchables. Mais avant Red Bull, il y a eu Ferrari et n’eût été leur incurie, les Rouges auraient battu Mercedes. Peut-être deux fois plutôt qu’une.

Cette précision faite, si Hamilton gagne un huitième championnat des pilotes, il n’en sera que plus méritoire parce qu’il aura battu un rival à sa hauteur. Un éventuel sacre de Verstappen aura autant de lustre parce que le Néerlandais aura vaincu le meilleur pilote de sa génération et Red Bull aura mis fin à un cycle : celui de l’écurie qui a elle-même mis fin au cycle Red Bull en 2014. « Toutte est dans toutte », comme disait Raoul.

AP | Les voitures de Max Verstappen (devant) et de Lewis Hamilton, au GP de France, dimanche.

Source: AP | Les voitures de Max Verstappen (devant) et de Lewis Hamilton, au GP de France, dimanche.

Grosse commande pour Mercedes

Et ce Grand Prix de France ? Pour les uns, il fut soporifique, à l’exception des derniers tours. Pour les autres, ce fut un ravissement. Comment expliquer cette dichotomie ? Parce qu’on peut diviser les fans, puristes comme occasionnels (mais surtout les puristes) en deux groupes : les amateurs de course et les amateurs de stratégie. Les premiers sont souvent regardés de haut par les seconds, qui les considèrent, au mieux, comme des nostalgiques; les premiers snobent les seconds parce qu’ils déplorent que la F1 soit devenue un championnat d’ingénieurs (et de stratèges). La vérité, c’est bien connu, se situe souvent entre les deux.

Comme Barcelone, le circuit du Castellet semble avoir été conçu davantage pour les essais privés que pour les courses. Il possède tous les paramètres requis pour mettre au point une monoplace, mais sa configuration favorise les processions. Si, comme moi, la stratégie n’est pas votre truc, vous vous êtes ennuyé ferme pendant les trois quarts de la course qui s’est jouée, pour l’essentiel, dans les puits.

Alors qu’il restait une dizaine de tours, les Red Bull, mieux chaussées, ont entrepris leur remontée : Pérez n’a fait qu’une bouchée du placide Bottas et Verstappen l’a eu tout aussi facile avec Hamilton. Les stratèges de Red Bull ont planté ceux de Mercedes; leurs pilotes ont fait le reste.

Si la tendance se maintient, l’écurie allemande va en avoir plein les bras cette saison. Red Bull n’est pas Ferrari : pour gagner les deux championnats (pilotes et constructeurs), Mercedes va devoir battre Red Bull à la régulière parce que des erreurs, l’écurie autrichienne n’en fera pas beaucoup. De plus, avec l’arrivée de Pérez, sa paire de pilotes est désormais plus forte que celle de Mercedes.

Les courses ne seront pas toutes excitantes, mais cette saison s’annonce néanmoins passionnante.

 

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