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Grand Prix de Hongrie

N’ajustez pas votre appareil

N’ajustez pas votre appareil

Esteban Ocon qui l’emporte, c’est déjà une surprise; devant Sebastian Vettel - du moins, on le croyait -, c’est encore plus improbable!

Réputé pour être l’un des plus soporifiques de la saison, année après année, le Grand Prix de Hongrie a failli à la tradition et pas qu’un peu : il nous a tenus au bout de notre siège du début à la fin! Et même après la course...

Résumer cette course complètement folle est tout un défi : c’est comme si on avait demandé à feu Robert Altman, spécialiste des films choraux avec plusieurs histoires en parallèle, de réaliser un volet de la série des Fast & Furious…

Il est tout aussi difficile de trouver un angle pour ce blogue d’après-course, tant le menu est varié. Même le diffuseur officiel a dû faire des choix : Sebastian Vettel a soufflé dans le cou de l’éventuel gagnant, Esteban Ocon, jusqu’à la toute fin mais dans les dix derniers tours, on a plutôt ciblé le formidable duel Alonso-Hamilton, puis la chasse de ce dernier aux deux meneurs. C’est dire à quel point ce Grand Prix fut un régal!

Sur l’abominable Hungaroring, qui l’eût cru? L’auteur de ces lignes avait prédit une procession, mais il a suffi de quelques gouttes de pluie au départ pour tout chambouler. Dans de telles circonstances, il est réjouissant de se tromper!

Tiercé gagnant

Ocon-Vettel-Hamilton. Voilà un podium qui a sans doute procuré beaucoup de bonheur aux deux premiers et un gros soulagement au troisième.... en fait, avant la bombe d'après-course lorsque Vettel a été disqualifié pour quantité d'essence insuffisante dans le réservoir.

Selon les règles, les concurrents doivent s'assurer qu'un échantillon d'un litre de carburant puisse être prélevé sur la voiture à tout moment. Ici, il n'y en avait que 0,3 litre. La disqualification de Vettel offre donne la troisième position à Carlos Sainz fils, sur Ferrari.

Cette victoire 100% française (pilote et voiture) était amplement méritée : Ocon a subi une pression énorme pendant toute la course, avec un quadruple champion du monde dans ses rétroviseurs, et il a fait un sans-faute. Quand on sait comment la trajectoire de cet espoir, passé directement de la F3 à la F1, a été parsemée d’embûches, cette victoire est à la fois un baume et une confirmation.

Il y a deux ans, doit-on le rappeler, le Français « réchauffait le banc » chez Mercedes dans le rôle ingrat de pilote-essayeur (ou troisième pilote). Renault l’a titularisé l’année suivante mais cette saison sans compétition avait laissé des traces : Ocon a été dominé par son coéquipier, Daniel Ricciardo. Qui n’est pas un pied de céleri, j’en conviens, mais les espoirs sont sensés se démarquer… Les rumeurs de paddock allaient bon train mais les dirigeants d’Alpine (ex-Renault) ont refusé de lancer la serviette, allant même jusqu’à prolonger son contrat. Le reste, comme on dit, appartient maintenant à l’Histoire.

Hamilton épuisé

Ce qui nous amène à Lewis Hamilton, l’autre grand gagnant du week-end, dans ces circonstances rocambolesques. Mercedes s’est plantée dans son choix stratégique, ce qui nous a valu un moment surréaliste, alors que Hamilton était seul sur la grille de départ pour la relance de la course ! (À quelques reprises, pendant cette course, je me suis demandé si quelqu’un avait mis quelque chose dans mon café…)

Sur une note plus sérieuse, Hamilton avait l’air à bout de forces sur le podium. Les commentateurs ont, dans un premier temps, évoqué une possible déshydratation. L’ex-pilote devenu commentateur Nico Rosberg, lui, a tout de suite compris, évoquant plutôt une grande fatigue. Cet euphémisme disait tout : les deux dernières semaines ont été très éprouvantes pour le septuple champion du monde. Tant Red Bull que le clan Verstappen ont multiplié les déclarations fracassantes et les manœuvres douteuses pour discréditer le Britannique après l’«Accrochage», un banal incident de course devenu une tragédie shakespearienne.

Sur un circuit où il a pourtant triomphé à huit reprises, Hamilton s’est fait huer tout le week-end. Il y avait sûrement de nombreux partisans néerlandais de Verstappen dans les estrades mais n’oublions pas que la Hongrie est gouvernée par un parti d’extrême-droite et l’odeur nauséabonde du racisme apparaît encore trop souvent lors de manifestations sportives en sol européen. Bref, la Hongrie a aussi ses red necks et Hamilton avait sûrement hâte de quitter cet environnement hostile.

Par ailleurs, ce ne serait pas la première fois qu’un pilote de F1 craque : Hakkinen s’était effondré, en larmes, après une sortie de piste à Monza, en 1999; même la carapace de Michael Schumacher, le redoutable Baron rouge, s’était fissurée lors d’une conférence de presse au même endroit, l’année suivante. Nico Rosberg avait par ailleurs dit ne plus vouloir revivre cette pression terrible (et toxique) lorsqu’il avait annoncé sa retraite-surprise après avoir été couronné champion.

Vous pensez que c’est difficile de jouer pour le Canadien ? Imaginez quand la pression est planétaire…

Pause salutaire et suite prometteuse

La pause estivale arrive juste à temps. Elle fera du bien à Hamilton, mais aussi à Lance Stroll et Valtteri Bottas, qui pourront digérer les pénalités qui leur ont été infligées en vue du prochain Grand Prix, à Spa-Francorchamps. Red Bull pourra aussi panser ses plaies. Et Daniel Ricciardo, qui connait une saison de misère, pourra prendre un peu de recul pour essayer de mettre le doigt sur le bobo.

Les grands gagnants de cette première moitié de saison sont les fans de F1, qui n’ont pas été aussi gâtés depuis longtemps. Comme vous, j’ai déjà hâte à la prochaine course… et à la prochaine saison de Drive to Survive, sur Netflix, qui promet déjà d’être la plus dramatique!

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