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Grand Prix de Russie

Le premier centenaire de la F1

Le premier centenaire de la F1

Quand Michael Schumacher avait annoncé sa retraite à la fin de la saison 2012, après avoir réécrit le livre des records de la Formule 1, nul n’aurait parié que ces mêmes records seraient menacés, voire battus, moins de dix ans plus tard.

Son successeur chez Mercedes, Lewis Hamilton, était alors considéré comme un des meilleurs pilotes du moment, mais rappelez-vous, c’est un autre Allemand qui dominait la F1 à cette époque: un an après la retraite du Kaiser, Sebastian Vettel remportait son quatrième championnat d’affilée avec l’écurie Red Bull et cette combinaison semblait en bonne posture pour égaler les cinq titres consécutifs de l’association Schumacher-Ferrari. À seulement 26 ans, Vettel était le plus jeune quadruple champion du monde de l’histoire de la F1 et il avait une bonne avance sur les autres pilotes de sa cohorte dans la chasse aux records de son idole de jeunesse.

De 27 à 100

Puis arriva une révolution technique en F1, comparable à celle, très attendue et repoussée d’un an à cause de vous-savez-quoi, de la saison prochaine: le passage aux motorisations hybrides. L’élan de Vettel a non seulement été stoppé net, mais cette nouvelle ère a été celle de l’émergence de la formidable machine AMG-Mercedes et de son nouveau leader. Doit-on le rappeler, l’écurie germanique a tout raflé depuis 2014 – mais vraiment tout: 7 titres constructeurs et pilotes en autant de saisons. Merci, bonsoir.

Six de ces sept couronnes Pilotes appartiennent à Sir Lewis, qui en avait déjà une avant de rejoindre Mercedes. En chemin, il a aussi battu les records de Schumacher pour le nombre de victoires et de positions de tête. Il ne lui manque qu’un huitième championnat du monde pour devancer le Baron rouge.

En remportant cette course imprévisible, le roi Lewis est devenu le premier pilote de l’histoire à atteindre le chiffre incroyable de 100 victoires. Petit rappel historique, ici: l’objectif avoué de Gilles Villeneuve, lorsqu’il est arrivé en F1 en 1978, était de battre le record du nombre de victoires qui appartenait alors à Jackie Stewart; le triple champion du monde en comptait 27…

Évidemment, les époques se comparent difficilement, ne serait-ce qu’en raison du nombre d’épreuves au calendrier. Avec 51 victoires, Alain Prost avait déjà rehaussé la barre; Ayrton Senna l’aurait probablement dépassé, mais le destin en a voulu autrement. Schumacher a ensuite porté la marque à 91, ce qui paraissait insurmontable. Et pourtant, la F1 a maintenant un pilote centenaire.

Lutte à trois

Cela dit, cette victoire en sol russe n’a pas été une balade dans le parc pour Hamilton. À 10 tours de la fin, c’est effectivement un pilote britannique qui semblait bien installé en tête, mais il pilotait une McLaren, pas une Mercedes… 

On est venu bien près, à Sotchi, de célébrer la première victoire en carrière de Lando Norris plutôt que la 100e de Lewis Hamilton. La pluie, facteur d’imprévisibilité par excellence en F1, a tout changé. Pas un déluge comme à Spa; plutôt un crachin, comme celui qui avait tout bouleversé en Hongrie, juste avant les vacances. Mais sur cette surface glacée comme la patinoire olympique de Sotchi, Norris ne pouvait tout simplement pas garder sa monoplace en piste avec des pneus lisses. N’est pas Gilles Villeneuve qui veut…

Qu’importe, parce que ce n’est qu’une question de temps avant que le prodige britannique se mette, lui aussi, à gagner des courses. Cela pourrait même se produire cette saison parce que McLaren, clairement, a désormais ce qu’il faut pour jouer la victoire. Le dernier tiers de la saison s’annonce donc prometteur: Lewis Hamilton n’a que deux petits points d’avance sur Max Verstappen (qui aurait eu mon vote comme Pilote du jour malgré l’exploit de Norris) et trois écuries - donc six pilotes - peuvent potentiellement gagner dans des conditions normales. S’il pleut, c’est encore mieux: des gagnants « champ gauche » comme Ocon peuvent se faufiler.

Cette saison est déjà un grand cru, avec le duel opposant le roi Lewis au premier aspirant au trône. Avec Red Bull qui a retrouvé sa touche magique et McLaren qui a terminé sa traversée du désert, la table est mise pour une finale d’anthologie.

Aston Martin: l’occasion ratée

L’année dernière, à pareille date, Aston Martin (qui s’appelait encore Racing Point) devançait McLaren au troisième rang des constructeurs. Cette saison, l’écurie canado-britannique a pris une méchante débarque, comme on dit en bon québécois, et elle continue de s’enliser dans les profondeurs du classement. Elle pointe désormais au 7e rang (sur 10), derrière Alpha Tauri, l’équipe B de Red Bull. Évidemment, ce n’est guère reluisant du côté des pilotes: Sebastian Vettel et Lance Stroll sont respectivement 12e et 13e. Rien pour déboucher le champagne.

Non seulement l’écurie régresse, mais elle rate des occasions qu’elle ne peut se permettre de rater, Sotchi étant le dernier exemple en lice. Non seulement le circuit russe était favorable au moteur Mercedes, mais en plus, il y a eu de la pluie. Or, tant Vettel que Stroll excellent dans ces conditions. Encore faut-il qu’ils ne s’accrochent pas, et encore moins entre eux!

Aujourd’hui, il faut bien le dire, Lance Stroll a conduit comme un débutant. Si Mazepin est la tête de Turc du paddock et des amateurs de F1, il y a des jours où notre grand espoir canadien ne donne pas sa place. Lorsque Vettel a tenté de le passer, il a refermé la porte, ne lui donnant aucun espace, et l’accrochage était inévitable. Pas fort, dites-vous? Attendez: Lance en a rajouté une couche en s’accrochant avec Gasly! Cette fois, les commissaires ont sévi avec une pénalité de 10 secondes assortie du retrait de deux points sur sa super licence. Notre Canadien errant en a maintenant perdu 8 (sur 12).

Aston Martin n’a donc marqué aucun point en Russie. Zéro.

Lawrence Stroll a un plan pour redresser Aston Martin – l’écurie comme la marque. C’est un visionnaire; un gagnant aussi, ce qui explique pourquoi il est capable d’attirer de gros joueurs au sein de son empire, le dernier en date étant Martin Whitmarsh, ex-directeur de McLaren. Mais le maillon faible de son équipe demeure son fils: non seulement manque-t-il de constance, mais à sa cinquième saison, il semble régresser. L’idée d’aller chercher un quadruple champion du monde pour en faire son mentor était excellente, mais lui fermer la porte en piste ne l’aidera sûrement pas à progresser…

Soyons honnêtes: si son père n’était pas propriétaire d’une écurie, Lance Stroll ne serait plus en F1. Sa carrière serait déjà terminée.

Peut-être que papa Stroll devrait le remplacer par Hulkenberg pour une course ou deux, question de le secouer un peu; mais ça n’arrivera pas… Tout au plus sera-t-il privé de dessert lors du souper dominical.

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