Les sentences accordées aux criminels sont-elles trop clémentes au Québec? Cette question revient souvent dans le débat public, surtout quand on observe que le taux de récidive des personnes qui quittent la détention est de 40%.
En entrevue à Dupont le matin, le criminologue David Henry explique que ce n'est pas la durée des sentences qui est le gage de succès dans la réinsertion des ex-prisonniers, mais plutôt le suivi qui est fait. Il rappelle notamment que le taux d'incarcération dans une société n'a aucune corrélation avec le taux de criminalité, donnant l'exemple des États-Unis, où la criminalité est plus importante qu'au Québec tout en ayant un taux de détention de huit à dix fois plus élevé.
S'il est vrai que les sentences sont particulièrement courtes au Québec - où la majorité des sentences sont de moins de six mois, et la moyenne de ces séjours en prison est de 29 jours -, le directeur général de l’Ordre des professionnels des criminologues du Québec soutient que l'enjeu est plutôt d'assurer un suivi des personnes une fois qu'elles sont remises en liberté, en misant par exemple sur des maisons de transition, afin qu'elles puissent se réintégrer convenablement à la société.
Écoutez l'entrevue avec le criminologue David Henry, directeur général de l’Ordre des professionnels des criminologues du Québec.