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Procès contre le tramway

«Les mains attachées, bâillonnés (...) c'est un viol» témoigne une anti-tramway

«Les mains attachées, bâillonnés (...) c'est un viol» témoigne une anti-tramway
/ Photo : Ville de Québec
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Au premier des cinq jours prévus au procès pour bloquer le tramway à Québec, le regroupement citoyen qui conteste le projet a avancé que c'est un conflit d'intérêts qui a motivé le gouvernement caquiste à donner le feu vert.

Les avocats de Québec mérite mieux allèguent que le décret ministériel signé au printemps n'aurait jamais vu le jour sans les 4 milliards de dollars d'actions que détient la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) dans l'entreprise Alstom, bien positionnée pour obtenir le contrat de fabrication des rames du tramway.

Ils attirent aussi l'attention du tribunal à l'effet qu'un expert français qui a réalisé une étude sur le tramway, commandée par le gouvernement en 2020, occupe aujourd'hui un poste d'administrateur à la CDPQ.

Me Guy Bertrand a invité le juge à considérer sérieusement ces éléments qui, selon lui, témoignent de la «mauvaise foi, des cachotteries et des menteries» des décideurs publics tandis que les avocats des défendeurs lui ont reprocher de faire dans la théorie du complot qui impliquerait une alliance entre la ville, le gouvernement et les médias.

Cependant, pour en débattre sur le fond, il aurait été nécessaire d'inviter plusieurs nouveaux témoins et les parties se sont finalement entendues pour ne plus aborder cet élément, tout en reconnaissant la véracité de ce qui était cité dans les articles de journaux.

« La poursuite a une théorie du complot qu'elle tente de mettre de l'avant. »

La poursuite a fait témoigner quatre personnes, dont deux témoins experts pour tenter de démontrer que le projet est illégal et parce qu'il n'a jamais obtenu l'acceptabilité sociale.

Appelés à la barre en avant-midi, les cofondateurs de Québec mérite mieux Dorys Chabot et Donald Charette ont répété que leur regroupement n'était pas opposé au transport structurant, mais que le tramway n'est pas, à leur avis, la bonne option considérant les coûts ainsi que les conséquences sur l'environnement et le patrimoine naturel.

Ils estiment que l'absence de référendum et les règlements sur l'expropriation constituent un déni de démocratie, voire même un viol de leurs droits fondamentaux.

Ces derniers reprochent aux politiciens d'avoir fait des fausses représentations, soit «d'avoir raconté des menteries», durant les campagnes électorales municipales et provinciales de 2017 à 2021.

« On se présente ici sur les genoux, les mains attachées dans le dos et bâillonnés. Sans consentement, on nous prend nos terrains (...) c'est un viol. »

La première experte présentée par la poursuite est Fanny Tremblay-Racicot qui se spécialise dans l'intégration du transport et le développement urbain durable.

La doctorante qui enseigne à l'École nationale d'administration publique a affirmé que le processus décisionnel ayant mené au projet de tramway n'avait pas été rationel et que les études ont servi à justifier la décision plutôt qu'à l'orienter. Elle doute d'ailleurs que le projet atteigne un jour ses objectifs en achalandage et en respect de l'environnement.

Il est évident pour Mme Tremblay-Racicot que le tramway est irraisonnable et inapproprié pour le territoire de l'agglomération de Québec.

Pendant qu'elle s'appliquait à mettre en pièces le futur réseau structurant en enchaînant défaut après défaut, le juge de lui rappeler qu'il n'aura pas à déterminer s'il s'agit d'un bon ou d'un mauvais projet, mais plutôt à statuer si le processus était légal.

«Je ne suis pas là pour décider si la décision est bonne ou pas, je suis là pour dire si elle est légale ou illégale.»

Clément Gosselin a été présenté comme second expert du clan anti-tramway. Le professeur à l’Université Laval en génie mécanique qui dirige des projet de recherches en  robotique est venu expliquer à la Cour que ce serait une catastrophe de ne pas interrompre le chantier puisque des technologies moins invasives seront mises au point dans un avenir rapproché.

Il a lui aussi critiquer le processus de réalisation du tramway qui n'aurait pas été fait dans les règles de l'art de l'ingéniérie puisque le point de départ était une solution, en l'occurence le tramway, plutôt que la problématique à corriger.

Le procès se poursuite demain avec les plaidories de la poursuite après quoi ce sera au tour des défendeurs de présenter leurs témoins.

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