C’est un climat de travail « toxique » qui régnait au bureau de la sécurité de l’Assemblée nationale lorsque Charles Hudon, candidat du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Vanier-Les Rivières, en était le directeur, a appris le FM93.
M. Hudon, qui a fait carrière pendant près de 28 ans dans différents postes à la Sûreté du Québec, a été en fonction à l’Assemblée nationale de février 2020 à juin 2022. Au cours de son passage, plusieurs agents de sécurité et constables spéciaux ont dénoncé le climat de travail au sein du bureau qu’il dirigeait.
Franck Perales, président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec (SCSGQ), nous a confirmé que le climat de travail était « très toxique » à la sécurité de l’Assemblée nationale à cette époque. Le syndicat qu’il dirige, ainsi que le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), qui représente les agents de sécurité, ont mandaté un avocat afin de mener une enquête sur la situation.
Selon Norman Paradis, président régional pour la Capitale-Nationale et Chaudières-Appalaches au SFPQ, Charles Hudon était au centre de cette enquête. Un rapport confidentiel, dont le FM93 a pu consulter des extraits, a été déposé à la fin d’avril 2022.
D’autres sources ayant requis l’anonymat nous ont confirmé que M. Hudon a fait l’objet de nombreuses plaintes : « Des employés sortaient de son bureau en pleurant », nous a affirmé une personne proche de la situation. Une autre personne ayant requis l’anonymat, en disant vouloir « tourner la page » sur cette période de sa carrière, a évoqué le « départ précipité » de M. Hudon suite au dépôt du rapport sur le climat de travail.
Notons aussi qu’un nouveau Règlement sur la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard de l’Assemblée nationale a été adopté le 7 avril 2022 par le Bureau de l’Assemblée nationale; selon nos sources, cette nouvelle politique est une conséquence directe des plaintes et de l’enquête sur le climat de travail au bureau de la sécurité de l’institution.
Contacté par le FM93 pour commenter le dossier, M. Hudon a fait parvenir la réponse suivante :
« La situation remonte à 2021, en pleine pandémie, dans un contexte exceptionnel où ma responsabilité était d’assurer la sécurité de l’Assemblée nationale, de ses élus et de ses employés. Comme plusieurs gestionnaires à cette époque, j’ai eu à prendre des décisions difficiles afin d’appliquer les directives en vigueur, dans le respect des normes et des règles applicables, et de protéger l’institution.
Les employés de la sécurité avaient un rôle essentiel à jouer dans l’application des mesures sanitaires et le rehaussement des mesures de sécurité. Ils devaient également donner l’exemple dans le respect de celles-ci. Je comprends que certaines décisions que j’ai prises à l’égard d’employés aient pu être impopulaires, notamment des mises à pied, mais elles ont toujours été prises de bonne foi et dans le cadre du mandat exigeant qui m’avait été confié. »
Le rapport confidentiel consulté par le FM93 illustre en effet qu’à cette période, « plusieurs changements ont été déployés, et ce, de différentes natures: procédures de travail, redéploiement des effectifs, recadrement de certains employés, etc. »
Écoutez Jacques Martin, journaliste au FM93, présenter cette nouvelle exclusive.