Un jeune de 13 ans menant un combat contre la leucémie depuis 2 ans se voit empêché par son école secondaire de suivre ses cours à distance. Ne voulant pas reprendre une 3e fois son secondaire 1, il souhaite pouvoir suivre ses cours en visioconférence, lorsqu'il n’a pas la force de venir s’asseoir en classe. L'École secondaire de l'Aubier lui propose plutôt de venir des moitiés de journée.
Sa mère explique qu'il veut socialiser avec ses amis quand c’est possible et rester à la maison quand ce ne l’est pas, sans avoir la crainte d’être en échec scolaire.
Il se sent dans un engrenage de culpabilisation et de dévalorisation, car il éprouve beaucoup de manque de confiance en lui, de crainte de devoir reprendre une 3e fois son secondaire 1.
Enjeux bureaucratiques
Selon le Syndicat de l'enseignement des Deux-Rives, la Loi sur l’instruction publique (LIP) interdit l’enseignement à distance. Cela a uniquement été permis lors l’urgence sanitaire, par la voie des décrets.
Du côté du Centre de services scolaire des Navigateurs, on dit que c’est plutôt en raison de la convention collective qu'il n'est pas possible de filmer un enseignant sans son consentement. Dans le cas présent, il rencontre un refus de la part des enseignants et du syndicat en général.
En début d’année, la mère avait contacté chaque professeur individuellement pour demander s’ils pouvaient se filmer lorsque son fils n’était pas en classe. Seulement l'un d'entre-eux avait accepté.
Le FM93 a tenté d’entrer en contact avec l'École secondaire de l'Aubier, mais sans réponse.
Pour la mère, l’idéal serait que les profs ouvrent leur portable et diffusent l’audio en direct pour que son fils puisse suivre ses cours en temps réel, mais ça ne semble pas possible.
Le Syndicat de l'enseignement des Deux-Rives explique qu'une solution existe déjà. Ils suggèrent de confier spécifiquement à une enseignante l’enseignement à domicile, quelques heures par semaine, sur une base individuelle et en fonction des besoins. Ce ne serait toutefois pas suffisant.
Du cas par cas
Une autre petite fille souffrant du cancer aurait eu droit à cet accommodement dans une autre école. Il serait donc possible que ce soit du cas par cas, selon la volonté des écoles et des enseignants.
Elle mentionne aussi que d’autres parents de l’Unité d'hémato-oncologie pédiatrique Charles-Bruneau lui ont partagé qu’ils doivent se battre pour avoir des accommodations, selon les besoins de leurs enfants. Bien entendu, les parents se passeraient de ces démarches car ils ont d’autres priorités.
Écoutez le reportage complet de Chloé Patry-Robitaille, dans l'extrait ci-dessus.