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Marie-Annick Lépine et Francis Cabrel

La violoniste, le troubadour et l'émotion pure

La violoniste, le troubadour et l'émotion pure
Mara Tremblay, Marie-Annick Lépine et Catherine Durand. / Victor Diaz Lamich/Courtoisie Francos de Montréal
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En dépit d’une grille de spectacles copieuse et talentueuse, il est impossible de prévoir quel moment, quelle chanson ou quelle interprétation arrachera un cri du cœur ou des larmes à l’un ou l’autre des milliers de festivaliers qui participeront aux Francos de Montréal jusqu’au 22 juin.

Mais vendredi soir, lors de la soirée d’ouverture de cette 35e édition, ça n’aura pas traîné. Il aura fallu moins d’une heure pour chavirer dans l’émotion pure.

Marie-Annick et l’héritage des Cowboys

Remarquez, on s’y attendait un peu. Marie-Annick Lépine offrait à 19 heures sur la Place des festivals son premier concert depuis le décès de son «gros», Karl Tremblay. Une demi-heure avant son arrivée sur scène, la fébrilité était palpable, ne fut-ce qu’en raison de la présence de tas de gens qui portaient un t-shirt des Cowboys Fringants.

Hasard, choix stylistique, ou symbolique assumée? Quand Marie-Annick et ses «sœurs cosmiques» Catherine Durand (guitares) et Mara Tremblay (violon, guitares) sont montées sur scène avec leurs collègues, elles étaient toutes vêtues de noir, comme si le deuil n’était pas terminé.  

D’ailleurs, le choix d’amorcer le concert avec Les cheveux gras semblait tout indiqué avec son «Enweille Marie!» Elle n’avait rien à craindre, de l’encouragement, il y en avait de partout : à ses côtés et au-devant de la scène.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Durant une heure, les sourires complices et les yeux mouillés ont illuminé les visages des trois femmes et de leurs collègues (Pierre Fortin, Daniel Lacoste et Jean-Sébastien Chouinard). Il y avait une bienveillance évidente et une solidarité commune.

 Marie-Annick Lépine a joué ses compositions solo (Le monde est beau pis laid, Quand les outardes reviennent), mais aussi des chansons des Cowboys Fringants qu’elle interprétait dans le passé, comme Le cœur battant, tiré de l’album Les nuits de Repentigny.

L’émotion est montée d’un cran quand la multi-instrumentiste (violon, ukulélé, accordéon, tutti quanti…) a interprété Je veux rester, inspirée de sa mère. Et d’une coche de plus avec Quand tu pars, chanson des Cowboys que l’on retrouve sur l’album Sur un air de déjà-vu.

«On va en essayer une. C’est la première fois qu’on la joue», a-t-elle ensuite ajouté… avant de faire un faut départ.

«On s’est trompé de tonalité. C’est ce qui arrive quand c’est la première fois qu’on fait une toune», a-t-elle franchement rigolé. Ce petit faux pas a été salué par des «Marie! Marie! Marie!» de la foule. «Enweille, Marie!», disait-on plus haut.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Loulou vs Loulou, tirée de Pub Royal, dernier acte des Cowboys Fringants, a ensuite eu droit à son envol, chanson durant laquelle Jean-François Pauzé, auteur-compositeur extraordinaire, est venu se joindre au groupe pour une interprétation qui a décoiffé.

Il fallait voir l’intensité sur le visage de Marie-Annick qui a chanté avec ses tripes, tandis que Pauzé, comme dans un match de hockey avec son pote Karl, laissait tout sur la patinoire bitumée de la place des Festivals. On avait l’impression d’entendre un hymne. Bouleversant.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Merci Ben! et la magnifique Les Cheveux blancs, également de Pub Royal, ont suivi, transformant un peu plus ce concert extérieur en événement rassembleur du calibre des Cowboys Fringants.

Et c’est après ce doublé que nous avons été soufflés en reconnaissant les premières mesures de la désormais légendaire Les étoiles filantes. Quiconque n’ayant pas encore versé une larme sur le site l’a fait à ce moment. Les visages des artistes sur scène et le chant de milliers de festivaliers ont mené à une fusion commune de bonheur, rien de moins.

«C’est vraiment le fun de faire de la scène…», a lancé Marie-Annick Lépine avant de conclure : «En douceur, avec l’amour qu’on porte à nos enfants», avec Ma jolie blonde.

Qu’est-ce que disait Marie-Annick Lépine en parlant de son Karl, quelques minutes plus tôt?

«Je pense qu’il aurait capoté ce soir et qu’il aurait été fier de sa petite blonde.»

Sentiment partagé par tous ceux et celles qui ont assisté à ce moment magique.

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Intemporel Cabrel

Moins de dix minutes plus tard, encore sous le choc, je suis assis dans la salle Wilfrid-Pelletier en attente de Francis Cabrel. Là, au moins, rien à craindre. Avec Cabrel, c’est toujours du feutré réconfortant.

Le grand gaillard arrive sur scène, nous salue d’un geste de la tête, prend sa guitare et dit simplement : «Une chanson de Françoise Hardy.»

Et là, sans rien ajouter, il nous offre une splendide version épurée de L’amitié, l’une des chansons-phare de la grande disparue de la chanson française. Rien à craindre, disais-je? Deuxième coup de cœur en 75 minutes... Ces Francos 2024 s’amorcent en fanfare.

Par la suite, Cabrel a été Cabrel. Il est passé de solo à trio avec une succession de titres récents (Ode à l’amour courtois), anciens (Presque rien) ou classiques (La fille qui m’accompagne, L’encre de tes yeux) avant d’avoir ses quatre musiciens avec lui pour un doublé marquant (Assis sur le rebord du monde, Sarbacane).

Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

Source: Victor Diaz Lamich/Francos de Montréal

On pouvait ainsi mesurer l’étendue du répertoire du Français, ses enrobages riches et ses enveloppes sonores raffinées. Ici et là, on avait un peu l’impression que la voix – encore solide - de Cabrel était un peu noyée dans le mix, mais rien pour gâcher le plaisir.

Sans que ce généreux concert ne soit un survol de grands succès, il y en avait beaucoup à se mettre sous la dent : l’incontournable Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerais, la galopante Les murs de poussière et l’irrésistible Rosie durant laquelle certaines femmes ont tellement hurlé, que j’avais l’impression d’entendre une vieille bande de Paul McCartney chantant Yesterday avec les Beatles.

Bien sûr, pas question de faire impasse sur Je l’aime à mourir, probablement son succès le plus international. Wilfrid-Pelletier avait tout de la chorale durant ce moment, avant que Encore et encore ne remue tout le monde.

Soixante-dix balais, Cabrel? Il ne les fait pas, comme les spectateurs à l’amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières et ceux de l’Agora de Québec pourront le voir samedi et dimanche.

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